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Un nouveau documentaire explore la réalité d’immigrants adultes qui apprennent le français au Québec Dans son plus récent film documentaire « La langue est donc une histoire d’amour », le réalisateur Andrés Livov nous plonge au cœur d’une classe de francisation.

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Le cinéaste d’origine argentine, Andrés Livov, dit que l’idée de faire un film qui raconte l’histoire d’immigrants adultes apprenant le français à Montréal lui est venue alors qu’il était, lui-même, assis dans l’une de ces classes, il y a environ 10 ans.

« Mon expérience a été vraiment exceptionnelle. Je savais, à ce moment-là, qu’il y avait un film à faire là-dessus », a dit M. Livov à CIC News.

Le projet, cependant, a pris plusieurs années à être approuvé et à se concrétiser. Pendant ce temps, la francisation des immigrants au Québec est devenue l’une des thématiques les plus abordées dans la province.

La langue est donc une histoire d’amour, nous offre une incursion inédite dans une classe de francisation du centre William-Hingston à Montréal.

En plus de sensibiliser le public aux enjeux de l’immigration, le film d’Andrés Livov donne à réfléchir sur l’importance des relations interpersonnelles pour ceux qui apprennent à communiquer dans une langue qui leur est étrangère.

Le film est porté par madame Fulvie Loiseau, une enseignante passionnée et sensible, elle-même issue de l’immigration, et qui travaille dans ce milieu depuis plus de 15 ans. C’est elle qui veille à ce que l’apprentissage de la langue soit une histoire de gentillesse, de compassion et, surtout, de réussite.

Les étudiants qu’elle accueille dans sa classe sont des réfugiés, des demandeurs d’asile ou encore des travailleurs temporaires, parmi lesquels plus de la moitié sont des femmes.

Dans leurs pays d’origine, beaucoup de ces femmes bénéficiaient du soutien de leur communauté et de leur famille pour subvenir à leurs besoins fondamentaux. Au Québec, elles se retrouvent souvent sans repères et sans réseau de soutien.

Avant même d’entamer le tournage, Andrés Livov savait que ces femmes occuperaient une place prépondérante dans son film.

« En général, on n’écoute pas beaucoup ces femmes, on connait mal leurs parcours.  Je voulais vraiment savoir d’où elles viennent. Je voulais qu’elles racontent leurs histoires, »a expliqué M. Livov.

« Une des femmes, qui parlait bien le français et l’arabe et pouvait traduire pour les autres, est devenue ma facilitatrice. C’est elle qui a fait parler les autres », raconte-t-il.

C’est ainsi qu’on voit ces femmes traduire et exprimer, malgré leur maitrise balbutiante de la langue, leur attachement à leur pays d’origine et leur volonté de se faire accepter par leur pays d’adoption.  Les échanges, tantôt comiques, tantôt dramatiques, ne sont pas sans malentendus interculturels.

Plusieurs scènes du film montrent que les préjugés persistent, mais qu’il est néanmoins possible de les surmonter.

Là-dessus, madame Loiseau est intransigeante. Elle ne manque jamais une seule occasion de faire ressortir les expériences de vie de ses étudiantes et de ses étudiants et, au besoin, d’adapter leurs points de vue à leur nouvelle réalité socio-économique et culturelle.

« Je ne veux pas qu’une femme me dise qu’elle n’avait pas de métier dans son pays. On est infirmière, psychologue, ménagère. Quand on est femme au foyer, on a tous ces métiers-là », s’exclame-t-elle d’un air triomphant dans une des scènes du film.

Au fur et à mesure des témoignages, des moments d’intimité et de socialisation, on constate que le processus de francisation repose, en grande partie, sur le désir d’aider les autres à surmonter la méfiance.

M. Livov souhaite justement que ce processus de création de liens de confiance s’applique également à l’extérieur du film, alors que les spectateurs réfléchissent sur leur perception des immigrants et sur la façon dont ils sont représentés dans les médias.

« Je n’ai pas fait ce film pour les immigrants ni pour les enseignants en francisation, précise le réalisateur, ils connaissent déjà cette réalité. »

« J’ai fait ce film pour le grand public, pour monsieur et madame Tout-le-Monde. Je voulais les mettre en contact avec les immigrants qui apprennent une nouvelle langue, créer une porte d’entrée vers cette réalité pour que les gens puissent aborder les choses d’une autre perspective.  »

La langue est donc une histoire d’amour prendra l’affiche dans plusieurs salles au Québec dès le 11 octobre.

Vous pouvez regarder la bande-annonce du film ici.

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