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Le Québec devrait accueillir 80 000 immigrants par année, pas 50 000 Il est dans l'intérêt économique de la province d'exercer les droits que lui confère l'Accord Canada-Québec

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Pour maintenir une économie forte, le Québec a besoin de doubler sa cible d’immigration actuelle. 

Depuis plusieurs années, la deuxième principale province du Canada accueille environ 50 000 immigrants par année, et se classe ainsi en deuxième position derrière l’Ontario.

Toutefois, en ce qui concerne le nombre de nouveaux arrivants qui sont accueillis par habitant, le Québec se classe au sixième rang parmi les provinces et territoires du Canada.

La décision prise l’an dernier par la province de réduire le nombre de nouveaux arrivants à un maximum de 41 800 en 2019 dans le but d’améliorer leur intégration fait en sorte que le Québec accuse un retard de plus en plus grand par rapport au reste du pays.

Cette politique arrive ainsi à un moment inopportun.

Le Québec vieillit plus rapidement que le reste du Canada

Une étude récente du Conference Board du Canada démontre que le Québec vieillit plus vite que la moyenne nationale et que son taux de natalité est faible.

Ces réalités démographiques peuvent nuire à la qualité de vie des Québécois et des Québécoises, dans la mesure où elles limiteront la croissance économique et les recettes fiscales nécessaires au financement des services sociaux comme les soins de santé, l’éducation et les services de garde subventionnés.

Selon l’étude, le Québec comptera plus de décès que de naissances d’ici 2028 alors qu’à l’échelle nationale ce changement ne devrait pas se produire avant 2034. Le Québec doit donc trouver des moyens de faire croitre sa population plus rapidement que les autres provinces et territoires.

L’immigration demeure la meilleure solution pour assurer une croissance démographique. Les efforts qui ont été faits pour promouvoir des taux de natalité plus élevés dans les pays occidentaux n’ont pas eu beaucoup de succès ; le Québec en est la preuve. Malgré son programme universel de garderies, le taux de natalité de la province demeure aussi faible que la moyenne nationale.

Par conséquent, du Conference Board du Canada prévoit que 100 % de la croissance démographique du Québec proviendra de l’immigration d’ici 2023 (comparativement à 2034 à l’échelle nationale).

Les faibles taux d’immigration pourraient diminuer l’attrait du Québec pour les entreprises

La province a annoncé la semaine dernière qu’elle augmentera le seuil d’immigration à un maximum de 44 500 nouveaux arrivants pour 2020 et qu’elle pourrait même, le ramener à 50 000 personnes d’ici 2022.

Mais ces niveaux demeurent trop bas compte tenu de la situation démographique de la province. Si elle maintient ce niveau d’immigration jusqu’en 2040, son économie ne connaîtra qu’une croissance annuelle d’environ 1,4 % en termes réels, alors que la moyenne canadienne prévue est de 1,9 %.

Désormais, la baisse des objectifs d’immigration du Québec va ralentir la croissance de la population et cela pourrait entrainer de nombreuses conséquences économiques néfastes.

Les entreprises pourraient, par exemple, choisir d’investir dans les provinces qui connaissent une croissance démographique plus forte puisque celles-ci auront un plus grand nombre de travailleurs disponibles pour produire et consommer des biens et services. Pourquoi investir dans une province dont la population connaît une faible croissance démographique et économique alors que d’autres, comme l’Ontario, enregistreront, justement grâce à l’immigration, des taux de croissance plus élevés ?

Pourquoi le Québec a-t-il besoin de 80 000 nouveaux arrivants par année ?

Si le Québec accueillait la part proportionnelle de nouveaux arrivants à laquelle il a droit en vertu de l’Accord Canada-Québec, sa croissance économique pourrait se rétablir à 1,7 % en moyenne au cours des deux prochaines décennies. L’entente signée entre le Québec et le gouvernement fédéral lui permet d’admettre un pourcentage d’immigrants proportionnel à son poids démographique au Canada.

Compte tenu de la taille actuelle de la population du Québec, cela signifie qu’il peut accueillir chaque année au moins 23 % des immigrants du Canada, soit environ 75 000 nouveaux arrivants.

Si le Canada continue d’augmenter ses seuils d’immigration et si le Québec exerce sa prérogative en vertu de l’Accord Canada-Québec, la province serait éventuellement en mesure d’accueillir plus de 80 000 nouveaux arrivants par année.

Ce seuil peut sembler élevé et pourtant, lorsqu’on tient compte du nombre d’immigrants qu’elles accueillent par habitant, la plupart des provinces canadiennes atteignent déjà ces niveaux-là aujourd’hui.

L’intégration économique s’améliore

La décision du Québec de réduire les niveaux d’immigration a été prise en vue d’une amélioration de l’intégration sociale et économique des nouveaux arrivants dans la province, mais les données de Statistique Canada démontrent que les processus d’intégration économique se sont améliorés dans cette province au cours des dernières années.

Les taux d’activité, d’emploi ainsi que les salaires des immigrants connaissent des hausses et le taux de chômage chez les immigrants est à la baisse.

Les défis démographiques auxquels fait face le Québec devraient favoriser ces tendances et la rareté de la main-d’œuvre dans la province bénéficiera probablement tant aux travailleurs nés au Canada qu’aux immigrants.

De même, de nombreuses réformes entreprises par le Québec au fil des ans, tel que l’introduction de son système de déclaration d’intérêt en ligne par l’entremise du portail Arrima, devraient avoir des retombées positives et durables sur l’intégration économique des nouveaux arrivants.

Les provinces poursuivent des politiques qu’elles croient sincèrement être dans l’intérêt des Canadiens et qui visent l’amélioration du niveau de vie de leurs citoyens.

Compte tenu du vieillissement rapide de sa population et de son faible taux de natalité, le Québec répondrait mieux aux intérêts de ses citoyens en exerçant le droit que lui confère l’Accord Canada-Québec et accueillir autant d’immigrants que les autres provinces canadiennes.

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Kareem El-Assal est directeur des politiques et de la stratégie numérique chez Canadavisa. 

 

 

 

Cet article a été traduit de l’anglais par Alexandra Miekus.

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