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Nouvelle étude demande au Québec de restaurer sa cible initiale de 50,000 Aucune preuve pour soutenir le point de vue du gouvernement que réduire l’immigration améliorerait l’intégration, indique un panel d’experts

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Montreal aerial view, Quebec, Canada.Une nouvelle étude demande au gouvernement du Québec de restaurer sa cible d’immigration de 50,000 nouveaux arrivants par an.

L’étude de l’institut indépendant de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) maintient que la justification du gouvernement – que trop de nouveaux-arrivants ne s’intègrent pas dans la société québécoise – dans le cadre de la réduction de sa cible d’immigration à 40,000 pour 2019, « n’a jamais été prouvé scientifiquement. »

L’étude suit une série de démarches controversées par le gouvernement du Québec, Coalition Avenir Québec, incluant l’effort récent d’annuler les 18,000 demandes en inventaire pour le programme régulier des travailleurs qualifiés dans le cadre du projet de loi 9.

Rédigée par la chercheuse Julia Posca, l’étude fournit un aperçu statistique d’indicateurs tels que la maîtrise du français, le niveau de scolarité ainsi que le taux d’emploi afin d’évaluer les revendications de la CAQ que les immigrants ne satisfont pas au niveau d’expertise dans ces domaines.

En termes de langue, les points d’études pour les statistiques du ministère de l’Immigration du Québec et de l’institut de la Statistique du Québec montrent que près de 60% des immigrants admis au Québec parlent déjà français ou encore français et anglais en arrivant dans la province.

Les immigrants au Québec sont également mieux éduqués que les personnes non immigrantes, affirme Posca. Parmi les québécois âgés de 25 à 54 ans, 42 pourcent des immigrants possèdent un certificat, diplôme ou diplôme universitaire comparé à 24.9 pourcent pour les résidents du Québec qui sont nés au Canada.

En termes d’emploi, bien que la différence soit en diminution, Posca constate des disparités persistantes parmi les immigrants et les canadiens habitants au Québec. Le taux d’emploi des personnes nées au Québec était de 86.6 pourcent en 2018 pour 78.9 pourcent pour les immigrants, ce que Julie Posca note comme étant un peu plus élevé que le taux d’emploi des immigrants de l’Ontario qui est de 78.5 pourcent.

« En résumé, les personnes immigrantes au Québec maîtrisent comme jamais le français, sont très scolarisées et participent en masse au marché du travail » écrit Posca.

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L’étude a banalisé la revendication du gouvernement que trop peu d’immigrants au Québec étaient retenus. Posca pointe vers les statistiques montrant que 82.2 pourcent des immigrants économiques du Québec admis dans la province en 2010 y était toujours cinq ans après.

« Le fait est que si nous comparons le Québec aux autres provinces canadiennes, nous réalisons que le Québec est l’une des quatre provinces avec le taux de rétention le plus élevé » a dit Posca à CICNews. « Nous réalisons que les provinces qui ont le plus d’immigrants ont également le taux de rétention le plus élevé. »

L’étude d’IRIS observe les recherches de 2018 de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) montrant que les pays qui accueillent le plus d’immigrants sont également ceux où les immigrants obtiennent de meilleurs résultats que ceux nés dans le pays.

« Rien n’indique que d’accepter moins d’immigrants améliorera leur sort. » argumente l’étude.

L’étude démontre que les obstacles principaux quant à l’intégration sont en effet les problèmes relatifs à la société d’accueil tels que la reconnaissance des diplômes professionnels, l’expérience professionnelle obtenue en dehors du canada ainsi que la discrimination en matière d’emploi.

Le projet de loi 9 n’adresse aucun de ces problèmes, indique l’étude.

La mesure de réduire l’immigration à un moment où la population du Québec vieillit et ses employeurs font face à une sérieuse pénurie de main-d’œuvre est également remise en question, ce que l’étude appelle le point de vue « utilitariste » de la CAQ en matière d’immigration, la considérant principalement à des fins économiques.

« En somme, le gouvernement fait une croix sur une approche citoyenne de l’immigration, où les immigrants sont considérés pour leur apport tant social et culturel qu’économique. » annonce l’étude.

L’étude recommande que le Québec revienne à sa cible initiale de 50,000 nouveaux arrivants « pour des raisons tant humaines que démographique et économiques. »

« Avec ce niveau d’immigration, le taux d’emploi est à la hausse. Le nombre d’immigrants n’était pas le problème. » Posca a dit à CICNews.

« Le Québec a également une population vieillissante, donc si nous voulons traiter ce problème dans le futur, nous devons accepter des immigrants qui sont, en moyenne, plus jeune que la population du Québec » ajoute-t-elle. « Ça n’a pas l’air d’être une très bonne idée de ne pas vouloir accueillir ceux qui veulent avoir un projet de vie ici au Québec. »

L’étude demande également au gouvernement d’allouer un budget plutôt considérable pour les organismes gouvernementaux et non-gouvernementaux dans la province qui travaillent directement avec les nouveaux arrivants afin de satisfaire à l’objectif déclaré de la CAQ en matière de services d’intégration « efficaces et personnalisés ».

En réponse à l’étude, le gouvernement est resté sur sa position à l’égard de l’immigration et a souligné le fait qu’il a été élu avec une plateforme parlant de réformer les règles d’immigration au Québec.

Traduit par Lauralee Beaurieux

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